221008_002518_PEEL_5HmXszCertes, la campagne présidentielle n'est pas enthousiasmante. Mais François Hollande semble s'y plaire et plane dans les sondages. On l'a déjà dit, il est entouré de pas mal de branquignols et le PS n'a pas vu la couleur du pouvoir depuis 2002. Quant à celle de l'Elysée... Cependant, l'espoir est de mise à gauche. La droite est en souffrance, coincée entre un bilan indéfendable et la menace frontiste. Et l'extrême-gauche ne semble pas mobiliser pour le moment.
Dès lors, rumeurs et fantasmes se nouent autour du Parti socialiste que d'aucuns voient déjà au pouvoir. "Petites phrases et grandes idées" enfile donc son costume de justicier pour rétablir la vérité sur nos (peut-être) futurs dirigeants.

 

- François Hollande est un candidat par défaut : FAUX

Bien sûr, s'il n'y avait eu l'affaire du Sofitel, Dominique Strauss-Kahn aurait sans doute survolé la primaire socialiste. Mais François Hollande lui aurait donné beaucoup, beaucoup de fil à retordre. Depuis son départ de la direction du PS (où il est resté le temps record de 10 ans), il se prépare. On a glosé, gloussé, on s'est moqué de sa teinture de cheveux, de sa perte de poids, de sa présumée mollesse. Mais, toutes idées mises à part, Hollande a glané sans doute plus d'expérience en 10 ans à Solferino que beaucoup en pantouflant dans des ministères. De plus, il demeure un orateur de premier ordre et un débatteur plus que correct. A bien regarder la liste des candidats qu'il a battus à la primaire socialiste, on voit bien quel animal politique il est. Et puis, au final, nombreux sont les partisans de gauche à se réjouir que Dominique Strauss-Kahn ait été confondu avant une éventuelle candidature...

 

- Martine Aubry ira à Matignon si Hollande l'emporte : PAS NECESSAIREMENT

La maire de Lille poserait un véritable casse-tête au Président Hollande. Une chose est sûre : il préférerait ne pas avoir à la nommer Premier Ministre. Cependant, il doit bien tenir compte du fait qu'elle est arrivée au second tour de la primaire et qu'elle est première secrétaire du PS. Bref, elle pèse beaucoup au sein du parti et, sa carrière étant plus près de la fin que du début, elle ne se contentera pas d'un hochet. En clair, si elle insiste beaucoup pour s'installer à Matignon, Hollande aura du mal à lui refuser. Si, en revanche, elle accepte un quai d'Orsay ou tout autre ministère prestigieux, le Président fraîchement élu pourra s'offrir le luxe de placer un Homme de confiance. Moscovici, Valls, Ayrault, qui sait ?

 

- Arnaud Montebourg est un boulet : VRAI

Disons que, quand ça lui prend, il peut se rendre parfaitement insupportable et, pire, il entraîne son parti avec lui. Les rares fois dans sa carrière où le Flamboyant de Saône-et-Loire a su laisser son égo de côté et se positionner sur le terrain des idées, cela lui a réussi. Sa campagne des primaires a été bien menée et son résultat final laissait augurer d'un beau ministère régalien (la Justice ?). Et puis, Montebourg étant Montebourg, pas un mois ne passe sans qu'il se sente obligé d'exister. En fin d'année dernière, il balançait sur la fédération socialiste du Nord soi-disant corrompue. Et cette semaine, il a assuré qu'il n'appliquerait pas l'accord électoral signé avec EELV dans SON département. Faut-il rappeler à Arnaud Montebourg que là, en ce moment, il y a une campagne présidentielle qui se joue ? Et que son avenir politique est intimement lié au résultat de François Hollande ?

 

- Ségolène Royal ira au perchoir en cas de victoire socialiste aux législatives : VRAI

Son parachutage a fait beaucoup parler. Il n'empêche que la madone du Poitou devrait s'y imposer sans trop de problème. Là n'est pas la question, ni même le problème. A priori, en interne, l'ancienne candidate à la présidentielle a obtenu d'être nommée présidente de l'Assemblée nationale si le Parti socialiste gagnait les législatives. Ce qui passe par une victoire d'Hollande. Ca fait beaucoup de "si" et, surtout, cela pose un problème éthique. En effet, toute influente qu'elle soit en interne, Royal n'est pas parlementaire. Entrer à l'Assemblée (où elle a déjà siégé) par la présidence n'est pas un signe extraordinaire de démocratie interne. Jean-Marc Ayrault, qui a longtemps été, et est toujours, président du groupe socialiste à l'Assemblée, serait un candidat plus logique. Mais nul doute que ce très proche d'Hollande saura trouver un point de chute...

 

- Martine Aubry est alcoolique et lesbienne : FAUX

Un livre sort cette semaine, avec pour sujet les barbouzeries au sommet de l'Etat. Celles-ci seraient, le plus souvent, orchestrées par l'inévitable Bernard Squarcini. A priori, si l'on en croit l'ouvrage, ces rumeurs nauséabondes visant Martine Aubry au cours de la primaire socialiste émaneraient d'une officine qui recevrait ses ordres du Président lui-même. Donc, à moins que la preuve du contraire ne soit apportée, non, Martine Aubry n'est ni alcoolique, ni homosexuelle, et son mari n'est pas un dangereux islamiste pour avoir défendu une femme portant le voile en lieu public.
Bernard Squarcini a porté plainte dès la parution de ce livre. Mais, comme pour beaucoup d'autres personnes, il est victime du système qu'il utilisait. Personne n'a jamais cru aux ragots qu'il a distillé. Mais le doute était installé. Les auteurs du livre ont enquêté et découvert que derrière chaque coup bas, son nom apparaissait. Dans les deux cas, le ver est dans le fruit. Libre à chacun de se faire son idée.

 

- Jean-Luc Mélenchon participerait à un hypothétique gouvernement de gauche large : FAUX

Bruitaurus Fureurus a rassemblé 6000 personnes à Nantes pour son premier meeting de l'année. Pas mal. Il s'est laissé tenter par le dossier de 6 pages dans "Gala" avec option photos d'enfance et confessions vaseuses. La totale. C'est que le taulier du Front de Gauche dépasse les 6% dans les sondages maintenant. Môssieur fait partie du gratin, du top 5. Et n'aspire qu'à se rendre incontournable à l'extrême-gauche. Mais dans quel but ? A priori, exister. S'il devait entrer dans un gouvernement type "gauche plurielle", quel poste occuperait-il ? Il n'a ni le poids politique, ni les compétences pour viser bien plus haut que l'Education nationale (il est professeur de formation). Mais son camp verrait cela comme une compromission et on doute fort qu'il ait envie de négocier les budgets avec les syndicats. S'il atteint 6 ou 7%, Mélenchon sera le roi du monde et, du sommet de sa montagne, il pourra continuer à critiquer gouvernement et opposition traditionnelle.

 

- François Hollande est convaincu de sa future victoire : PARTIELLEMENT FAUX

Ce qui sauve Hollande de sa situation confortable et de la médiocrité de son équipe, c'est sans doute son expérience. Il roule sa bosse depuis les années 1980 dans les cabinets politiques et connaît sur le bout des doigts tous les rouages. De ce fait, il sait que rien n'est jamais gagné, surtout plus de 3 mois avant le premier tour. Le précédent de 1995 est excessivement significatif à ce sujet. Actuellement, sa campagne se situe dans une phase de stand-by après un décollage plutôt manqué. Heureusement, l'opposition est occupée ailleurs et n'a que Morano à faire donner.
Mais toutes les précautions et l'expérience du monde ne suffisent parfois pas à empêcher quelqu'un de se griser. Surtout si son entourage le pousse à s'y croire. Les petites souris du QG du candidat chuchotent que Valérie Treirweiller est extrêmement présente et dispose même de son propre bureau. Ce ne saurait être un bon signe. Les compagnes et compagnons de candidat(e)s n'ont jamais rien apporté de bon à une campagne (jurisprudence 2007, pour Sarkozy comme pour Royal). Espérons pour le candidat Hollande qu'il saura garder la tête froide face aux sondages qui, chaque jour, confirment son avance présumée.